lunedì 27 ottobre 2014

Interview de Nicolas Kempf à Giuseppe Manunta et Fabrice Linck

du magazine  PRESENCES D'ESPRITS

Nicolas Kempf : J’aimerais commencer, si vous êtes d’accord, par l’intrigue de Zombie WalkL’histoire démarre devant la gare de Strasbourg, et montre une manifestation contre un laboratoire pharmaceutique. Et puis… Et puis quoi ?
Fabrice Linck : Et puis… la manif se retourne contre ses organisateurs, sert involontairement les desseins du labo et finalement, échappe à tout contrôle. Au milieu de tout ça, nos personnages luttent pour survivre ou courent après leur rédemption...
Giuseppe Manunta : Et puis… le désir de vengeance d'un certain Éric va plonger la ville dans un incroyable chaos et va la transformer à tout jamais…


NK : La page de titre indique « Sur une idée de Giuseppe Manunta ». Pouvez-vous nous parler un peu de cette idée de départ ?
GM : J'ai eu cette idée en voyant un défilé de zombies dans une manifestation organisée par le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Ensuite, j'ai proposé à Fabrice, que je connais depuis quelques temps, de travailler avec moi sur le scénario.  Puis, il a apporté l'histoire à l'éditeur... et voilà !
NK : Pourquoi avoir voulu mettre en scène des zombies ?
GM : pourquoi ? Parce que je suis fasciné par ce genre, depuis que je suis petit, parce que c'est mon cauchemar récurrent.
NK : La plupart des personnages, tôt ou tard, passent un sale quart d’heure dans Zombie Walk. Les gens heureux n’ont pas d’histoire ?
GM : Le bonheur a une durée de vie de quelques minutes, juste le temps de lire Zombie Walk.
FL : Si... Mais j'ai bien peur qu'elle n'intéresse pas grand monde... Le propre de l'homme, c'est de se délecter des mésaventures de son prochain, non ?
NK : Le Long Bec est un tout nouvel éditeur BD dans le paysage. Pourquoi lui ? Pourquoi vous ?
FL : Parce que la ligne éditoriale du Long Bec nous a plu et parce que notre projet a séduit l'éditeur. La collaboration coulait de source...
GM : La rencontre d’un éditeur et des auteurs, ça ne s’explique pas, c’est simplement un projet longuement travaillé par les auteurs qui déclenche un coup de cœur chez l’éditeur…
NK : Il y a dans Zombie Walk toute une recherche sur les armes, les costumes, les véhicules, bref, l’univers. Comment s’est passé le travail sur l’univers de l’album ?
GM : je dispose d’archives très riches sur les armes, les véhicules et les uniformes. La recherche la plus importante a été faite sur la ville et sur les questions scientifiques.
NK : Ce livre, en tant qu’objet, ressemble aux comics, mais il y a aussi les fonds noirs, le parti-pris du crayonné… Tout un concept ! Pouvez-vous nous parler du concept et de sa… conception ?
GM : Zombie Walk est un comics, c’est un choix volontaire inspiré par les comic-books américains. Le choix graphique, par contre, résulte d’une longue discussion avec l’éditeur. Cela m'a donné l'occasion de réaliser un rêve, de réaliser, en fait, toute l'histoire au crayon.
NK : Giuseppe, je garde un souvenir… ému de certains de tes albums précédents. Bref, passons. Comment tu situes un album comme Zombie Walk dans le reste de ta production ?
GM : Une étape nécessaire. Mais ce n'est pas la première fois que j'écris une histoire de zombies. Il y a aussi, par exemple, La colline des Lapins, publiée par Clair de Lune, dans une collection d'histoires d'horreur intitulée « Noir sur Blanc » (clin d'œil au roman de Richard Adams). J'aime tous les genres… mais il est vrai que l'érotisme est ma plus grande passion.
NK : Je trouve qu’il y a beaucoup de punch dans cet album, à la fois côté scenario et côté dessin. Mais d’où vous vient toute cette énergie, les gars ?
FL : Pour ma part, on va dire que c'est de famille !
GM : Par passion et pour l’amour que j'ai pour ce métier.
NK : L’histoire se passe à Strasbourg. C’est donc un livre régional ?
GM : Pas pour moi ; c'est l'occasion de montrer un endroit original et différent des lieux où ces histoires se déroulent habituellement.
FL : C'est tout sauf une histoire alsaco-alsacienne, uniquement destinée aux autochtones. Pour moi, un projet comme Zombie Walk a notamment pour vocation de participer à la promotion de la région et donc, fatalement, de s'adresser aussi à ceux qui ne la connaissent pas.
NK : L’album a été lancé à la mi-septembre 2013, lors de la « Zombie Walk », la parade annuelle des zombies à Strasbourg. C’est important d’être dans la communauté, dans la horde ?
GM : comme je l’ai déjà dit, c'est là que l'idée est née et il s’agissait donc du meilleur lieu de baptême pour l'album.
NK : L’origine, le déclencheur du « zombisme » est parfois surnaturel, parfois scientifique… Ici, le déclencheur est médical. Il y a une histoire, une évolution du zombie ? Si oui, comment vous situez-vous dans cette histoire ?
 GM : Difficile de répondre à ça sans en dire trop… Dans notre histoire, il y a un fond de vérité, inspiré par les recherches du professeur Bryan Fry … mais, oui, en dire davantage serait gâcher la fin de l'histoire !
NK : Est-ce qu’il y a des particularités de la « culture zombie » en France ? En Italie ?
GM : Comme l’écrit H.P. Lovecraft, « La plus ancienne et la plus puissante émotion humaine est la peur, et la plus ancienne et la plus puissante peur est la peur de l'inconnu. » La vie après la mort est une grande inconnue. Le premier zombie dans l'histoire de la littérature est la créature du docteur Frankenstein de Mary Shelley. Ensuite est arrivé George Romero, qui a propagé le virus des zombies partout dans le monde, la preuve en est les « Zombie Walk » dans différentes grandes villes du monde.
NK : Qu’est-ce qui vous plaît dans la bande dessinée ? Ou, pour le dire autrement, qu’est-ce qu’une bonne BD pour vous ?
GM : Sans faire un discours de genres, je dirais qu'une bonne histoire a besoin d'un bon rythme narratif, d’une mise en scène qui surprenne le lecteur, et d’un bon équilibre entre le scénario et le dessin.
FL : Vaste question… Par définition, une bonne BD, c'est celle qu'on ne pose pas avant de l'avoir terminée… Pourquoi, comment ? Je ne suis pas sûr qu'il y ait de règle absolue en la matière.
NK : Avez-vous quelques découvertes zombifiques à partager avec les lecteurs de Présence d’Esprits ? Une lecture, une bonne adresse… ?
GM : Je trouve cela très intéressant pour les amateurs du genre : www.horror-nights.de
NK : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
GM : Sur le deuxième épisode d’aventures de Sherlock Holmes, par Roger Seiter, au Verger Éditeur.
FL : Avec Vanessa Cardinali au dessin, nous travaillons sur Les Imprévisibles, une histoire de super-héros convalescents, qu'un cas de force majeur va sortir de leur maison de repos… disponible aux Editions du Long Bec en juin prochain.
NK : Merci Fabrice, Giuseppe, d’avoir traîné vos pieds par ici !
GM : Merci à toi Nicolas.
FL : Pareil ! 

Nicolas Kempf


Fumettografia

1988) Lineachiara (fanzine) – G.Manunta & A.Florio
1993) Daniel – (Max Buncher Press)
1994) Alta Pressione - Demon Story –Dagon–(Fenix Press)
1995/97) Intrepido magazine – (Edizioni Universo)
1996/07) Blue magazine – (Coniglio Editore)
1998/02) Selen magazine – (Trentini Edizioni)
1998/00) PenthouseComics magazine – Olanda
2001/03) [nu] magazine – (Hunter Edizioni)
2001) Heavy Metal magazine
2001) Manie/Selencomicx-(Trentini edizioni) Spagna/Italia
2002) Contròle de peau lisse - Les Boutineuses-(Vents d’Ouest)
2002) Cara Isabella – ( Nuvoloso Edizioni )
2003/05) John Doe – ( Eura Editoriale)
2004/08) Skorpio - Lanciostory – ( Eura Editoriale)
2004) Giunchiglia Il Fiore d’Irlanda – ( Coniglio Editore)
2005) Winx – ( Rainbow Edizioni)
2006) Story-X – ( Coniglio Editore )
2006/10) Mono magazine – ( Edizioni Tunuè)
2006) INDaYs Comics (catalogo) – (Tufo Press)
2006/07) Agenzia Incantesimi – (Star Comics)
2007) Erotic Paper Dolls – (Coniglio Editore)
2007) Pinocchio Mosaico (catalogo) – (Edizioni La Lontra)
2007) Giunchiglia Il Tomo Sacro – (Coniglio Editore)
2007/08) Giunchiglia la Fleur d’Irlande – Giunchiglia Le Tome Sacre – (Clair de Lune)
2008) Le Seigneur d’Arkham – Noir sur Blanc – (Clair de Lune)
2008/10) High School Musical – (Disney)
2008) Legione Stellare – (Edizioni Arcadia)
2008) Il Massacratore Remix3 (illustrazione) – (Bottero Edizioni)
2008) La Lunga Notte dell’Insonne (illustrazione) (Marco Del Bucchia Editore)
2008) Giunchiglia Nel Segno del Fumetto – (Coniglio & Nuvoloso Edizioni)
2008) Spectrum 15 – Cathy & Arnie (Fenner Editions)
2009) Les 5 Sens D’Eros (Tabou Editions)
2010) Harry Moon – copertine (Planeta deAgostini)
2010) Tribute toTermite Bianca ( Pavesio Editore)
2010) Souvenir de Jeunesse (Tabou Editions)
2010) Fantasy Pin-Art – ( Nuvoloso Edizioni)
2011) Quand Cupidon s' emmele (Tabou Editions)
2011) Artemis 1/2 (Clair de Lune)
2011) Manunta Sketch-Book (Nuvoloso Edizioni)
2012) Le Libertine 1/2 (B&M Edizioni)
2012) Scandales (Tabou Editions)
2013) Sherlock Holmes et le mystere du Haut-Koenigsbourg, (le Vergere éditeur)
2013) Zombie Walk, (editions du Long Bec)
2014) Sherlock Holmes - retrouvailles à Strasbourg ( le Verger éditeur)
2015) Zombie Walk 2 l'espoir ( Editions du Long Bec)
2015) "Prova d'esame" in "Porn to be alive" (Edizioni 80144)
2015) Scandali ( B&M Edizioni)
2016) Sherlock Holmes et l’énigme du Jodhpur ( le Verger éditeur)